L’argent ne fait pas le bonheur, sauf que…
Stéphane Simard est blogueur invité sur le blogue de NSI Solution. Visitez le www.conneXionY.com pour découvrir comment il supporte les entreprises dans la mise en place de stratégies d’attraction, de motivation et de rétention pour réduire leur taux de roulement.
Les commissions scolaires proposent de hausser le salaire des profs. Voici le titre d’un article publié la semaine dernière dans Le Soleil de Québec. Le but : redonner du lustre à la profession d’enseignant et faciliter le recrutement.
Ben voyons donc! C’est sûr que si les profs au Québec gagnent moins que leurs collègues de partout au Canada et aux États-Unis, il y a un problème. L’article mentionne d’ailleurs que le salaire moyen au Québec est de 54 729 $, alors qu’il est de 68 299 $ dans le reste du Canada et de 63 086 $ aux États-Unis.
De là à croire que ça va redorer le blason de la profession, il y a une limite. Si l’argument principal pour une personne de se diriger vers l’enseignement est le salaire ou les vacances d’été, il va vite déchanter. Je peux vous en parler, j’en suis un ex-enseignant qui a décroché pour retourner apprendre un autre métier.
Les irritants auxquels se heurtent les enseignants sont tellement nombreux que l’impact du salaire est négligeable : manque d’encadrement des nouveaux enseignants, manque de leadership de la direction, manque de ressources, structures extrêmement hiérarchisées, alourdissement de la tâche, etc. Vous pensez que j’exagère? Allez passer quelques heures dans une école ou impliquez-vous au sein du conseil d’établissement pour vous en convaincre (là aussi, j’ai décroché). L’école est tellement déconnectée des besoins des parents qu’il y a plus de participation à une réunion d’information au club de cheerleading de ma fille qu’à la rencontre de début d’année à l’école.
Avec un gros salaire, on achète le silence. Les gens n’osent pas dénoncer des mauvaises pratiques ou changer d’emploi de peur de se faire dire qu’ils se plaignent le ventre plein. On accepte ainsi de passer ses journées dans un milieu de vie où l’écart entre nos valeurs et l’impossibilité de les vivre au quotidien est tel qu’il nous mène à la dépression.
Je pense que plusieurs profs font de leur mieux, mais les conditions sont difficiles. Prenons l’exemple de l’intégration des enfants en difficultés dans les classes. C’est une bonne idée dans la mesure où ça profite à tous. L’élève en difficulté ne se sent pas exclu et les autres enfants apprennent à apprécier les différences. Mais lorsque les difficultés d’élocutions d’un enfant déteignent sur les autres et que l’enfant ne peut suivre la cadence du groupe, je ne suis pas sûr qu’on bâtit son estime de soi.
L’école a tellement une belle mission à vendre aux enseignants que le salaire ne devrait même pas entrer en considération : un prof, ça change des vies! Mais lorsque les conditions de travail viennent compromettre cette mission, c’est là qu’on se tourne vers des incitatifs externes pour générer de l’engagement. C’est moins puissant, c’est plus coûteux et les effets sont temporaires.
Ça me rappelle une phrase que j’ai lue récemment : on peut faire un travail qui a du sens, mais dans un environnement qui n’en fait pas. Redonner un sens au travail, c’est beaucoup plus complexe que d’augmenter les salaires ou d’organiser des 5 à 7 pour ses employés. Ça demande de la vision et du leadership.
Je vous invite à me contacter pour me faire part de vos questions en lien avec les ressources humaines. Je pourrais y répondre dans le cadre d’une de mes prochaines capsules.
Publié le 13 octobre 2009, dans Génération Y et tagué argent, québec, recrutement, salaire. Ajouter aux Favoris le permalien. Laisser un commentaire.

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